31-05-2026 12:28 - Mauritanie/Gaza : les milliards disparus et le silence des vautours

Mauritanie/Gaza : les milliards disparus et le silence des vautours

POINTS CHAUDS - C’est un scandale qui sent la honte, l’opacité et la trahison morale. Pendant que Gaza enterrait ses morts sous les bombes, des Mauritaniens modestes vidaient leurs poches pour soutenir le peuple palestinien. Certains ont donné sur leurs maigres salaires, d’autres sur leurs économies, convaincus que leur argent allait soulager des familles affamées et des enfants sous les décombres.

Aujourd’hui, une déclaration fracassante de l’ambassadeur palestinien en Mauritanie, Bashir Abu Hatab, vient pulvériser ce récit de solidarité : les fonds récoltés n’auraient jamais atteint le peuple palestinien.

Autrement dit : des milliards collectés au nom de Gaza se seraient évaporés dans la nature.

Et là, plus personne ne parle.

Pas de conférence officielle. Pas d’audit public. Pas d’enquête judiciaire. Pas même un semblant d’explication. Comme si plus de 150 milliards d’anciennes ouguiyas pouvaient disparaître sans laisser de traces, sans responsables et sans comptes à rendre.

C’est pourtant simple :

Qui a collecté l’argent ?

Qui l’a détenu ?

Qui l’a transféré ?

Et surtout : qui a empêché qu’il arrive à Gaza ?

Car il ne s’agit plus d’un simple flou administratif. Si ces accusations sont confirmées, ce serait l’un des scandales moraux les plus ignobles de ces dernières années : utiliser la souffrance d’un peuple massacré pour alimenter des circuits opaques et transformer l’émotion populaire en caisse noire.

Le plus révoltant dans cette affaire, ce n’est pas seulement la disparition présumée de l’argent. C’est le mépris affiché envers les citoyens. On a demandé au peuple de se serrer la ceinture au nom de la solidarité islamique et humaine. Beaucoup ont répondu présents avec sincérité. Et pendant ce temps, certains auraient transformé cette mobilisation nationale en terrain de prédation.

Et fait encore plus troublant : même une partie de la presse, pourtant si prompte d’habitude à flairer les scandales partout et sur tout, observe cette fois un silence assourdissant, complice. Un silence lourd, gênant, presque organisé. Ceux qui passent leurs journées à dénoncer la moindre irrégularité semblent soudain frappés d’amnésie journalistique. Mais chacun, au fond, croit déjà savoir pourquoi.

Au-delà du scandale financier, d’autres questions légitimes commencent désormais à émerger. Et si elles restent sans réponses, les conséquences pourraient être désastreuses, non seulement pour les auteurs présumés de ce détournement, mais également pour l’image même de la Mauritanie.

La question est pourtant d’une simplicité brutale : si les Palestiniens de Gaza n’ont jamais reçu ces fonds, à quoi ont-ils réellement servi ?

Car lorsqu’une somme aussi colossale disparaît des circuits officiels sans traçabilité claire, le risque ne se limite plus à un simple détournement. Il ouvre la porte à toutes les inquiétudes : financement opaque, circuits parallèles, opérations illicites ou utilisation hors de tout contrôle institutionnel. Et dans un contexte international marqué par la surveillance des flux financiers liés aux zones de conflit, ce genre d’affaire peut rapidement prendre une dimension explosive.

Dans n’importe quel pays où les institutions fonctionnent encore normalement, une telle révélation aurait déjà provoqué des convocations, des perquisitions et des gels de comptes. Ici, le silence ressemble dangereusement à une protection.

Mais une question continuera de poursuivre tous ceux qui cherchent à étouffer cette affaire : où sont passés les milliards de Gaza ?

Et tant qu’aucune réponse claire ne sera donnée, ce dossier restera comme une tache indélébile sur ceux qui ont laissé l’argent de la solidarité disparaître dans les sables du système.

Moulaye Najim Moulaye Zeine





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Commentaires (6)

  • ouldsidialy (H) 31/05/2026 19:23 X

    Cela peut être bloqué en route parce qu'il ne doit simplement pas être aussi d'adresser des fonds à Gaza comme à Paris. Entre autres raisons, on peut avoir :

    1) Le système des transferts internationaux ne peut se faire qu'en passant par Israël. Il n'y a pas, en ce moment, de représentant qualifié par les Palestiniens et qualifié par une banque internationale pour que de l'argent puisse être remis sur un compte offshore. Ou les pays qui le faisaient ne le font pas en ce moment.

    2) Les Mauritaniens doivent se demander – vu la triste situation de la Palestine – quelle autorité et quel pouvoir effectif est en mesure de recevoir et gérer l'argent des dons.

    3)Et seulement en 3ᵉ hypothèse, il peut s'agir d'un problème interne à la Mauritanie. Les cerveaux des Mauritaniens sont malades s'ils ne croient plus à la bonne foi dans leur pays : Imaginer, en première hypothèse, la mauvaise foi collective, dit de façon certaine le manque de confiance dans sa probité personnelle Et on ne se trompe jamais sur soi-même pour ce genre de sujet.

    4) Le journaliste qui pond cette information sans effort critique ou complément d'information se connait aussi. Son article n'est pas un article de désinformation mais de sape de morale ou de testing pervers d'opinion. C'est bien plus malsain que la désinformation.

  • pyranha (H) 31/05/2026 15:50 X

    En conclusion : Il faut nous épargner de l'anonymat. Si vous êtes certains de l'implication de telle et telle personne , il vous mettre leur nom sur le tapis.pas d'anonymat svp cela n'intéresse personne.

  • pyranha (H) 31/05/2026 15:44 X

    Mr Moulaye Nazim Zeine .Ce qu'on veut c'est de voir tres rapidement ces trois organes que avez citees impliqués de citez nommément les noms de ced traîtres de les dénoncer ainsi que ceux impliqués dans cette sauvagerie.Seule l'exécution est leur cadeau. Mr Nazim ces autres lâches de journalistes ne réagiront jamais parceque complices des criminalités.

  • pyranha (H) 31/05/2026 15:35 X

    C'est inimaginable ! La réponse est simple, ceux qui ont collecté détenu et supposés avoir transférés doivent etre identifiés et pendus. A défaut à défaut ce President doit obligatoirement démissionner. Voilà l'ignominie que ne cesse de dénoncer Khally Diallo. Voilà la vérité sur ces hypocrites qui ne cessent de nous tympaniser sur leur arabite et leur solidarité Arabe. Quelle imbécillité quelle honte.Chaque jour sur la face du monde vous pietinez l'honneur de ce pays.Gaeouani doit sevir tres tres durement ou démissionner. Et ce peuple doit s'exprimer s'il lui reste un peu de dignité.

  • Hartaniya Firilile (H) 31/05/2026 14:36 X

    Cet argent s'inscrit dans le cadre de l'arabisation prônée par nos frères arabes. Comment peut-on se revendiquer arabes dans l'âme tout en excluant ses frères de toute solidarité financière. L'argent est devenu le maître absolu, et la situation ne fait qu'empirer. En ce qui nous concerne, en tant que Mauritaniens, l'argent efface toute amitié : nous mentons pour lui, nous le détournons et nous sommes prêts à tout pour l'obtenir. Que les Palestiniens périssent de faim et de soif, peu importe, si des fonds leur sont destinés, il n'est pas question de les leur remettre. Cela ne relève pas de la fraternité arabe. Nous nous réclamons arabes en apparence, mais souhaitons la ruine des autres Arabes en réalité. En tant que Mauritaniens, nous ne semblons jamais capables de gérer honnêtement l'argent ; nous préférons systématiquement recourir à des pratiques illicites. Les dons destinés aux Palestiniens sont détournés pour financer des commerces et des entreprises personnelles, tandis que nous prétendons que les fonds ont été perdus ou mal acheminés, alors qu'ils sont discrètement redistribués entre nous. Les Palestiniens ont toujours souffert, pendant que ministres, directeurs, secrétaires généraux, juges, avocats, notaires et faussaires se partagent les richesses destinés a eu palestiniens. Tant pis pour le peuple palestinien, qu'il disparaisse, nous préférons l’argent à eux et nos têtes et dieu ne nous punira pas à cause de l’argent que nous vénérons comme un envoyé de dieu.

  • hachmi (H) 31/05/2026 12:50 X

    Allah ne bénit pas le deux poids deux mesures : crier a en perdre la voix pourGaza,silence de cimetière face à l'agression contre l'Iran !