10-06-2026 11:53 - L'Editorial du Calame : Débat hors du commun

L'Editorial du Calame : Débat hors du commun

Le Calame -- Habitué à utiliser les réseaux sociaux, notamment Facebook, pour y exposer, contrairement à ses prédécesseurs, sa vision et son programme, le Premier ministre Mokhtar ould Djay vient de jeter un énorme pavé dans la mare.

Dans un long post sur la subvention des hydrocarbures et intitulé « quelle option est la plus efficace, avantageuse et équitable pour les citoyens à faibles revenus ? », il expose deux points de vue, a priori antinomiques, sur la politique de l’État en la matière, laissant au lecteur le choix de voir par lui-même quelle est la plus judicieuse : faut-il maintenir les prix des carburants (liquides et gaz) à leurs niveaux d'avant-guerre (d’Iran), ce qui aurait coûté 50 milliards d’ouguiyas au Trésor public (pour la seule période Mars-Avril-Mai), cette mesure se faisant évidemment au détriment des programmes sociaux et de développement prévus qui seraient alors gelés ?

Ou bien, l'État peut-il prendre en charge une partie de la différence de prix pour tous (35 milliards d’ouguiyas sur la même période), le consommateur supportant le reste (15 milliards d’ouguiyas), ce qui permettrait d'éviter de supprimer 15 milliards d’ouguiyas des programmes sociaux et de développement et d'apporter un soutien ciblé de plus de 18 milliards d’ouguiyas spécifiquement destiné aux citoyens à faibles revenus ?

Le post a suscité un très grand débat sur la Toile entre les pour et les contre. Chacun y est allé de son analyse. Des politiques, un ancien ministre (et pas n’importe lequel, celui de l’économie), des bloggeurs, de simples citoyens, tous y ont mis leur grain de sel. Ce qui a au moins le mérite de poser les jalons d’un débat plus ou moins franc sur un sujet sensible qui touche à la vie de tous les jours.

À défaut d’un dialogue national sur lequel s’étripent encore les acteurs politiques, reconnaissons au moins au PM le courage d’exposer ses idées et de les défendre becs et ongles. On ne peut ne pas être d’accord avec lui, certes, mais le fait est assez rare pour être signalé.

Ahmed Ould Cheikh



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Commentaires (1)

  • ouldsidialy (H) 10/06/2026 13:14 X

    Ah bon ! C'est courageux en Mauritanie de dire que ce que l'État dépense d'un côté, il ne l'a plus pour le dépenser ailleurs ? Ou est-ce que les choix se limitent à cette seule considération ? Il n'y a rien d'autre comme leviers budgétaires que la répartition de l'existant dans la caisse ? Il faut au moins inclure sérieusement tous les leviers dans la réflexion et cela pourra faire envisager des mesures réellement courageuses. Et je ne pense pas aux ostentations des renoncements à salaires ou à l'utilisation des 4x4.