17-03-2026 13:51 - La Guinée, le Liberia et la Sierra Leone s'engagent à résoudre leurs tensions frontalières par le «dialogue»
RFI AFRIQUE -
La Guinée, le Liberia et la Sierra Leone se sont engagés à résoudre par le « dialogue » et de « manière diplomatique » leurs différends frontaliers, alors que Conakry a déployé dimanche des troupes à sa frontière avec le Liberia, selon un communiqué lu lundi soir 16 mars à la télévision nationale guinéenne.
Le chef d'État guinéen Mamadi Doumbouya a reçu ce lundi 16 mars à Conakry son homologue libérien Joseph Boakai et le dirigeant sierra-léonais Julius Maada Bio lors d'un sommet à huis clos concernant les récentes tensions aux frontières communes de leurs trois pays à propos de la délimitation de leurs territoires respectifs.
La Côte d'Ivoire, qui a une frontière commune avec la Guinée et le Liberia, était également représentée à la rencontre « en qualité de pays témoin », selon les autorités guinéennes.
Les leaders des trois pays n’ont fait aucune déclaration. C’est le ministre guinéen des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, qui a lu le communiqué commun : « Les parties se sont engagées en faveur de la paix, de la sécurité, de la stabilité et du développement au sein de l’Union du Fleuve Mano. À cet effet, elles ont appelé au retour du statu quo de coexistence pacifique entre les communautés frontalières. »
Ces échanges se sont tenus en présence de la ministre ivoirienne des Affaires étrangères, Nialé Kaba. Quatrième État de l’Union du fleuve Mano, la Côte d’Ivoire a joué le rôle d’observateur. Et la volonté commune d’accentuer la coopération sécuritaire a été affichée.
« Les parties se sont engagées à poursuivre une coopération sécuritaire et ceci par l’intensification des patrouilles et des opérations frontalières conjointes, l’échange régulier d’échanges de renseignements et d’informations sécuritaires et l’établissement de mécanismes de communication rapides entre les autorités locales et les forces de sécurité », a ajouté Morissanda Kouyaté.
Les trois États ouest-africains ont également annoncé la création de commissions conjointes techniques pour « examiner les questions de délimitation et de gestion des frontières », appelant leurs populations respectives au calme.
Conséquence directe de cette rencontre : l’armée guinéenne a annoncé, via un communiqué, le retrait immédiat de ses troupes déployées à la frontière. Un nouveau sommet de l’Union du Fleuve Mano a été annoncé. Il doit se tenir dans un délai d’un mois.
Soldats déployés à la frontière depuis les tensions
Des tensions ont éclaté ces derniers jours entre la Guinée et son voisin du Liberia à leur frontière commune, provoquant des affrontements entre des civils libériens et des soldats guinéens, selon un communiqué lundi matin du ministère libérien des Affaires étrangères.
Signe des tensions, les autorités guinéennes avaient déployé des soldats à leur frontière avec le Liberia, selon des images diffusées par la Direction de l'information et des relations publiques des armées (Dirpa). Les images, reprises par la télévision nationale, RTG, montrent une colonne de véhicules militaires (pick-up, blindés, camions) stationnés devant un camp et des soldats lourdement armés. On y voit également le général Mamadi Doumbouya leur remettre le drapeau national avant leur départ.
Jeudi, le gouvernement libérien avait appelé sa population habitant à la frontière avec la Guinée à « rester calme » et à éviter une escalade alors que des tensions avaient éclaté dans cette région, faisant un blessé.
Fin février, des incidents frontaliers avaient également eu lieu entre la Guinée et la Sierra Leone, les deux pays s'étant mutuellement accusés d'incursions militaires sur leurs territoires à leur frontière commune.
L'Union du fleuve Mano a été créée le 3 octobre 1973 par la « Déclaration de Malema » signée par le président William Tolbert de la République du Liberia et le président Dr Siaka Stevens de la République de Sierra Leone. L'Union a été élargie par l'adhésion de la République de Guinée le 28 octobre 1980. La République de Côte d'Ivoire y a adhéré le 15 mai 2008. L'organisation vise à faciliter le libre-échange dans le commerce, le développement des infrastructures et le renforcement de la sécurité dans le bassin du fleuve Mano.
PAR RFI
