30-11-2025 22:21 - Fermeture de 5 caisses d’épargne : Les Procapec font des vagues
LA DÉPÊCHE -
La situation du réseau PROCAPEC suscite ces derniers temps des préoccupations parmi plusieurs observateurs, notamment après la fermeture récente de plusieurs caisses populaires.
Selon les informations disponibles, les Caisses -Capec- de Kermessene, Méderdra, R’Kiz, Amourj et Barkéol ont été fermés successivement sur décision de la direction générale de PROCAPEC. Certaines sources estiment qu’il pourrait s’agir du début d’une restructuration plus large, susceptible de toucher d’autres caisses d’ici la fin de l’année.
D’après ces mêmes sources, une dizaine de Capec seraient potentiellement concernées, ce qui constituerait l’une des plus importantes réorganisations du réseau depuis sa création.
Créée en mars 1997, l’Agence de Promotion des Caisses Populaires d’Épargne et de Crédit vise à développer un système mutualiste fondé sur un réseau de caisses locales d’épargne et de crédit à travers le pays. Mais ce système a fini par crouler sous le poids du déficit persistant.
Sur le plan financier, seules quelques-unes des 55 caisses du réseau seraient actuellement rentables, tandis que la majorité fonctionnerait en déficit, tient-on des mêmes sources. Cela conduit certains observateurs à s’interroger sur la gestion de l’épargne des clients et sur sa sécurisation.
Une restructuration perçue comme une réponse aux difficultés internes
D’après certains observateurs, la restructuration envisagée constituerait une réponse aux difficultés que traverserait actuellement l’agence. La directrice générale, Nebghouha Mint Tlamid dont la longévité à la tête du réseau (16 ans DG des Procapec) est exceptionnelle est citée pour un départ à la retraite. Sa période d’activité comme fonctionnaire atteint la limite quand on sait qu’elle était déjà ministre de la promotion féminine en 2005.
La récente publication de rapports de la Cour des comptes (octobre 2025) concernant la gestion des fonds publics a également ravivé l’attention autour des CAPEC. Des zones d’ombre sont évoquées par diverses sources concernant la situation du réseau, notamment à la suite d’un cas de détournement signalé dans la caisse de Kiffa. Certaines indiscrétions internes évoquent une situation financière fragile. Ce qui expliquerait le recours à la fermeture de caisses couteuses et non rentables.
Les procapec ont été placées sous tutelle du ministère de la jeunesse, depuis quelques années maintenant. Mais fait curieux, aucune inspection récente de la Cour des comptes ou de l’Inspection générale de l’État n’aurait été conduite dans cette agence. Ces supputations alimentent des interrogations sur l’efficience du suivi administratif et financier de l’institution.
Vers un audit systématique ?
Diverses sources internes mentionnent des difficultés organisationnelles, telles qu’une irrégularité supposée dans la tenue des assemblées générales obligatoires, un rôle affaibli des conseils d’administration élus ou encore une baisse d’effectifs qui aurait perturbé le fonctionnement des caisses aujourd’hui dans l’oeil du cyclone.
Des représentants de travailleurs dans plusieurs caisses ont appelé à l’ouverture d’une enquête afin de clarifier l’ensemble de ces points.
Dans ce contexte, la question d’un audit automatique à la fin du mandat de chaque responsable administratif est à nouveau posée, au regard des irrégularités qui émergent parfois après les contrôles de l’État et pour exorciser l’impunité dans l’indélicatesse avec les deniers publics.
JD
