28-09-2026 11:11 - En Mauritanie, la société civile réclame l'adoption de la loi Karama après plusieurs viols
RFI AFRIQUE -
En Mauritanie, la société civile a tenu dimanche 27 septembre une conférence de presse, à laquelle plusieurs familles de victimes de viol ont pris part. Elles sont revenues sur les derniers crimes commis dernièrement, dont trois ont particulièrement secoué la société.
Pour mettre un terme à ces viols qui ne cessent de se répéter, les organisateurs demandent que la loi dite « Karama », qui signifie dignité en français, soit enfin votée à l’Assemblée nationale.
Le dernier viol en date remonte à la semaine dernière, à Toujounine, un quartier périphérique de Nouakchott, où une fillette de quatre ans a été violée. Le 5 septembre, une autre fillette de sept ans avait été victime de viol dans le même quartier. Selon sa famille, elle est toujours hospitalisée. L'auteur présumé a été arrêté ce jeudi 24 septembre, selon la police.
Ces familles de victimes de viol ont pris tour à tour la parole pour exiger la justice, et surtout l'adoption de la loi Karama, qui vise à protéger les filles et les femmes mauritaniennes. Elle criminalise toutes les formes de violence, physique, sexuelle, psychologique et économique, à l'égard des femmes.
Des peines de 5 à 20 ans de prison
Takhya Mint Zeidane, mère de la fillette de quatre ans violée dans un quartier de Nouakchott, a été la première à prendre la parole. Toujours sous le coup de l'émotion, elle raconte ce qui est arrivé à sa fille.
« Le violeur s'est introduit dans la maison entre trois et quatre heures du matin. Ma fille et sa grande sœur étaient dans leur chambre. Il a pris ma fille et l'a emmenée dehors. Sa grande sœur s'est réveillée, ne l'a pas vue et est venue nous réveiller. Tout le quartier s'est réveillé pour la chercher. Un voisin nous a alertés : "Il y a des cris par-là." On y est allés et on a découvert que c'était notre fille. On nous a informés que l'auteur a été arrêté, mais nous demandons que justice soit rendue. »
La société civile espère ainsi que l'adoption de la loi Karama, qui durcit les peines encourues en cas de viol, pourrait contribuer à mieux protéger les femmes de ce fléau. Adoptée il y a dix ans en Conseil des ministres, cette loi a été introduite à deux reprises à l'Assemblée nationale, mais a été rejetée à chaque fois.
« Nous considérons qu'il y a beaucoup de cas de viol en Mauritanie, qu'il n'y a pas une loi qui protège les jeunes filles et les femmes mauritaniennes, déplore Bouyaye Mohamed Naji, une figure de la société civile mauritanienne. Dans cette loi, il y a une peine de 5 à 20 ans. Ce sont des peines qui peuvent vraiment régler ce problème. »
La famille d'Awa Traoré, une jeune Mauritanienne de 18 ans sauvagement assassinée après avoir été violée à Nouakchott fin mai 2025, était également présente. Sa famille dit toujours attendre que justice lui soit rendue, plus d'un an après ce drame.
Avec notre correspondant à Nouakchott,
Moussa Oumar Barry
