09-09-2026 21:47 - Mauritanie : une dépossession silencieuse émiratie des terres de la vallée

Mauritanie : une dépossession silencieuse émiratie des terres de la vallée

Kassataya -- La vallée, cœur agricole du pays, est en train d’être transformée en zone d’extraction agricole, pendant que les communautés locales sont reléguées au rang de main-d’œuvre bon marché.

La Mauritanie dispose de 513 000 hectares de terres arables dont une grande partie dans la vallée du fleuve Sénégal, alors qu’elle importe plus de 70 pour cent de ses besoins alimentaires. Ce paradoxe est la pierre angulaire d’une stratégie d’accaparement foncier des terres du Sud sous couvert d’investissements notamment émiratis.

Cette politique agricole exclusive est exacerbée par la gouvernance de Ould Ghazouani depuis 2019. Cette dépossession silencieuse résulte d’un héritage d’expropriations massives des événements de 89.

L’« investissement émirati » n’est pas considéré par les observateurs comme un partenariat mais une reconfiguration du territoire mauritanien au profit d’intérêts étrangers notamment arabe.

Ce modèle émirati fait de la Mauritanie, un pays fournisseur de ressources et peu regardant de ses populations du Sud abandonnées à leur sort. Cette stratégie de « fermes offshore » est un vernis de modernisation pour masquer une dépossession des terres de la vallée. L’État ne défend pas la vallée : il la cède.

Cherif Kane




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Commentaires (1)

  • ouldsidialy (H) 10/09/2026 19:08 X

    C’est un réflexe commun, partout en Mauritanie : quand des ressources insuffisamment exploitées par la population bénéficient d’une chance de valorisation, la population concernée crie au loup et fait surenchère d’exigences. Le projet Sonader prévoit de distribuer les intrants et moyens de production aux coopératives de la population de la vallée à des conditions favorables, pour qu'ils puissent cultiver 3 800 hectares qu'ils n'ont pas les capacités de cultiver. Le projet signe aussi un contrat de rachat exclusif de leur production. On est loin de l'état d'esprit d'un accaparement des terres. En revanche, les opportunités inédites offertes font monter les attentescompétitives au sein de la population et envers l'État. Les urbains issus de la région qui ont des revenus issus de la fonction publique et des carrières politiques peuvent aussi trouver intérêt à parler davantage des craintes qu'à examiner la réalité du projet.