05-05-2026 17:04 - Cérémonie de signature du Protocole entre la Coopération Italienne et l’OMVS relatif au projet « AGEBASM »

Cérémonie de signature du Protocole entre la Coopération Italienne et l’OMVS relatif au projet « AGEBASM »

L’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS), l’Ambassade d’Italie au Sénégal et l’Agence Italienne pour la Coopération et le Développement (AICS) ont procédé, ce mardi 05 mai 2026, à la signature d’un protocole d’accord relatif au projet intitulé « Appui à la gestion du Bassin Aquifère Sénégalo-Mauritanien » (AGEBASM). La cérémonie s’est tenue au siège du Haut-Commissariat de l’OMVS à Dakar.

Cet important événement s’est déroulé en présence de Monsieur Mohamed ABDEL VETAH, Haut-Commissaire de l’OMVS, et de Son Excellence Madame Caterina Bertoloni, Ambassadeur d’Italie à Dakar, ainsi que de représentants de l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Gambie (OMVG) et de plusieurs acteurs institutionnels et techniques.

Le projet AGEBASM vise à renforcer les capacités de gestion durable et concertée des ressources en eau souterraine du Bassin aquifère sénégalo-mauritanien, un enjeu stratégique pour la sécurité hydrique, le développement socio-économique et la résilience climatique des pays membres de l’OMVS et l’OMVG.

Concrètement, ce projet permettra :

✔ d’établir un cadre régional harmonisé pour la production, la gestion et le partage des données ;

✔ de mettre en place un réseau de surveillance des eaux souterraines, avec des stations permanentes et mobiles ;

✔ de développer des modèles prédictifs pour anticiper les impacts du changement climatique et des pressions anthropiques ;

✔ et de créer un système d’information moderne, accessible aux décideurs, aux chercheurs et aux acteurs locaux.

Au-delà de ses composantes techniques, ce projet incarne une vision : celle d’une coopération régionale renforcée, fondée sur le partage des connaissances, la confiance mutuelle et la solidarité entre les États.

À travers ce partenariat, la Coopération Italienne réaffirme son engagement en faveur du développement durable et de la gestion intégrée des ressources en eau dans la sous-région. À ce titre, sa contribution financière au projet s’élève à 2,3 millions d’euros, soit un peu plus d’un milliard et demi de francs CFA, témoignant de l’importance accordée à cette initiative stratégique.

De son côté, l’OMVS souligne l’importance de cette collaboration pour améliorer la gouvernance des ressources aquifères et soutenir les initiatives régionales en matière d’environnement et de développement.

Prenant la parole, le Haut-Commissaire de l’OMVS a salué cette coopération fructueuse et a mis en avant les perspectives offertes par le projet pour les populations riveraines. Son Excellence Mme l’Ambassadrice de la République d’Italie a, quant à elle, réitéré la volonté de son pays de soutenir les efforts régionaux en matière de gestion durable des ressources naturelles.

La signature de ce protocole marque ainsi une étape décisive dans la consolidation des relations entre l’OMVS-l’OMVG et la République d’Italie, au service d’une gestion intégrée et durable des ressources en eau.

Fait à Dakar, le 05 mai 2026

Bon à savoir :

Analyse du contexte :

Le bassin aquifère sénégalo-mauritanien (BASM) représente une source d’eau cruciale dans la région. Il couvre un territoire de 331 450 km2, qui comprend 100 % de la Gambie, 27 % de la Guinée Bissau, 14 % de la Mauritanie et 84 % du Sénégal. L'Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (OMVG) et l'Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) sont à cheval sur le BASM et leurs bassins partagent respectivement 18% et 32% de leur superficie avec le BASM.

Les pays BASM dépendent de plus de 80 % des ressources en eau souterraines pour répondre aux besoins de leurs populations. Dans la région, les eaux de surface sont concentrées dans les grands fleuves (Gambie, Kayanga/Geba, Koliba-Corubal et Sénégal). En dehors de ces rivières, les eaux souterraines constituent la principale (souvent la seule) source d’eau des populations incluant aussi les majeurs centres urbains, comme les villas de Dakar, Banjul, Bissau et Nouadhibou, ici fortement dépendantes de l'eau BASM.

Les projections indiquent aussi qui la demande en eau devrait augmenter en raison de la pression démographique et de la transformation économique, tandis que le changement climatique menace la disponibilité de l’eau, en particulier des eaux de surface. Les eaux souterraines seront donc de plus en plus utilisées.

Le BASM joue un rôle essentiel dans le renforcement de la résilience climatique de la région. La hausse des températures devrait accroître l’évaporation et réduire la disponibilité des eaux de surface actuellement disponibles en augmentant la dépendance à l’égard des ressources BASM.

Les bénéficiaires du projet :

La gestion durable de l’aquifère sénégalo-mauritanien est un enjeu stratégique pour l’amélioration des conditions de vie des populations des deux pays. Dans cette région, l’accès à l’eau est un facteur déterminant pour la sécurité alimentaire, la santé publique et le développement économique. Cet aquifère transfrontalier approvisionne en eau potable environ 16 millions de personnes, ainsi que plus de mille entreprises formelles et informelles opérant dans le secteur agroalimentaire, souvent situées dans des zones à faible résilience.

L’agriculture, principale source de subsistance pour les populations rurales, dépend directement de la disponibilité des ressources en eau souterraine. Garantir un accès stable, équitable et durable à cette ressource vitale est donc une priorité. Environ 5 millions de personnes — parmi lesquelles plus de 500 000 agriculteurs et éleveurs — bénéficieront directement des effets positifs d’une meilleure gestion de l’eau : augmentation des rendements agricoles, stabilisation de la production alimentaire et renforcement de la résilience face aux pénuries et aux aléas climatiques.

En outre, la sécurisation des ressources en eau pour l’irrigation et l’abreuvement du bétail contribuera à limiter les migrations forcées des populations rurales vers les zones urbaines, souvent causées par la rareté de l’eau et la dégradation des moyens de subsistance.

L’un des enjeux majeurs du projet est une meilleure connaissance des ressources en eau pour une gestion concertée et une utilisation optimale.

Parmi les répercussions positives de la bonne gestion du BASM, il y a la réduction des maladies d'origine hydrique, comme la diarrhée, responsables d'une forte proportion des décès d'enfants de moins de cinq ans et des populations vulnérables.

Les femmes, qui jouent un rôle clé dans la gestion de l'eau au sein des ménages et dans la petite agriculture, bénéficieront également directement de ce projet. L'accès facilité à des points d'eau proches et fiables leur permettra de réduire le temps consacré à la collecte de l'eau, libérant ainsi du temps pour des activités économiques ou éducatives. Cette amélioration des conditions de vie des femmes et des enfants contribuera à un développement plus équitable et à une meilleure sécurité alimentaire dans les zones rurales.

Contact: M. Papa Demba CISSOKHO 

E-mail : pademba.cissokho@omvs.org  

Tel : 00 221 77 790 80 97





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