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Front pour la Citoyenneté et la Justice (FCJ) / Déclaration
La direction du Front pour la Citoyenneté et la Justice (FCJ) a pris connaissance du communiqué publié, hier dimanche 26 juillet, par un groupe ayant annoncé sa démission du parti. Un communiqué dans lequel ce groupe expose les raisons ayant motivé sa décision qui s’ajoute à des déclarations de certains de ses dirigeants.
Par souci de transparence envers l'opinion publique, qui est en droit d’être informé sur les faits, auprès de l'ensemble des parties concernées, et afin d’informer les militants du Front pour la Citoyenneté et la Justice de l'évolution de cet événement, nous souhaitons apporter les précisions suivantes :
1. Sur le nombre des démissionnaires
Après vérification, la liste des signataires du communiqué comprend 31 personnes. Parmi elles, 12 n'ont jamais été identifiés comme membres du parti et ne figurent dans aucune de ses instances dirigeantes, régionales ou départementales.
Le statut de deux autres personnes reste à clarifier et devrait être établi prochainement.
En conséquence, le nombre de démissionnaires effectivement identifiés s'élève à 17 cadres et militants, à l'égard desquels nous conservons estime et respect.
Nous nous étonnons toutefois de la situation du Dr Soufi Ould Cheibani, qui avait suspendu son adhésion au parti, il y a plusieurs mois lorsqu'il avait présenté sa candidature à l'Autorité nationale de lutte contre la corruption. N'ayant malheureusement pas été retenu lors de la dernière sélection, il a renouvelé cette suspension, perdant ainsi de fait sa qualité de vice-président du parti ainsi que son appartenance à ses instances dirigeantes.
En tout état de cause, si l'on exclut le cas du Dr Soufi, le comité de suivi, composée de 29 membres, n'enregistre que deux départs, tandis que la Comité permanent, forte de 199 membres, en compte huit (ou dix si les deux cas encore en suspens sont confirmés).
2. Au sujet des griefs formulés dans le communiqué
Nous nous limiterons aux observations suivantes :
Il est inexact et inapproprié d'affirmer que le Front aurait changé de ligne politique après l'obtention de sa reconnaissance officielle. Depuis son existence en tant que « Courant pour la Patrie », puis en tant que projet de parti en attente d'agrément, jusqu'à sa reconnaissance définitive, le 18 novembre 2025, sous le nom du Front pour la Citoyenneté et la Justice (FCJ), et jusqu’à aujourd’hui ou le FCJ et dans tous les coins de la Mauritanie, sa ligne politique est demeurée constante.
Cette ligne consiste à soutenir le programme du Président de la République et l'action de son gouvernement, tout en conservant le droit d'exprimer des observations, de formuler des critiques constructives et de proposer des alternatives.
Le Front a toujours résumé cette orientation par la formule désormais bien connue : « Nous soutenons, mais... »
Nombreux sont ceux qui ont tenté de semer la confusion autour de cette position, sans succès, car elle repose sur la sincérité, la clarté et la transparence.
S'agissant de la position du Front sur l'unité nationale, la paix civile, la dimension ethnique, ainsi que les injustices historiques, celle-ci est clairement définie dans la Déclaration de politique générale, les statuts du parti et les documents issus des forums préparatoires au dialogue national.
Cette position repose sur la consolidation de la citoyenneté comme fondement de la nation et sur l'implication de toutes les composantes ethniques, sociales et régionales dans la vie du pays, et, avant cela, dans les structures du parti, tant en responsabilité qu'en considération.
Toutefois, réduire la représentation des différentes composantes de la société à une logique de quotas communautaires ou catégoriels, tout en excluant certaines d'entre elles au nom de la citoyenneté, est une approche qui nous paraît difficilement compréhensible.
Quant aux injustices historiques, la position du parti est claire, équilibrée et éloignée de toute vision extrême. Elle est exposée dans le document sur l'unité nationale et la paix civile, adopté à l'unanimité lors des forums préparatoires au dialogue, et consacrée par la Déclaration de politique générale.
Elle consiste à reconnaître l'ensemble des injustices et à appeler à leur règlement, tout en accordant une attention particulière à celle communément désignée sous le nom de « passif humanitaire ».
C'est cette position que le président du parti a défendue lors des réunions de la majorité présidentielle, avant qu'elle ne soit retenue dans le document transmis au coordinateur du dialogue.
Il convient également de souligner que le document récemment signé par les différentes composantes du dialogue national s'inscrit dans la même logique, en prévoyant un atelier consacré au passif humanitaire et un autre dédié aux autres formes d'injustices.
Le dynamisme qui caractérise aujourd'hui le Front pour la Citoyenneté et la Justice, les réunions régulières de toutes ses structures, l'alternance hebdomadaire des réunions entre le Comité permanent et le Comité de suivi, ainsi que la richesse des débats qui s'y tiennent, témoignent clairement du caractère institutionnel du parti et de son fonctionnement collégial.
Les signataires du communiqué, ou du moins une partie d'entre eux, en ont eux-mêmes été les témoins.
Ces observations ne signifient pas pour autant que le parti soit exempt d'erreurs ou de difficultés. Celles-ci existent naturellement, et il est nécessaire de les identifier afin d'y apporter les réponses appropriées.
3. Une interrogation légitime
Ce qui nous surprend davantage, c'est que nos frères concernés n'ont jamais exprimé ces réserves lors des réunions des instances dirigeantes auxquelles ils ont participé, ni demandé qu'elles soient débattues avec les responsables placés au-dessus d'eux dans la hiérarchie du parti.
Tout s'est donc déroulé comme si la succession avait été la suivante : des réserves, puis une coordination entre eux, puis le retrait.
Les partis politiques sont des organisations fondées sur le libre choix. Chacun est libre d'y adhérer comme de les quitter. Nul ne peut être contraint à un engagement partisan.
Mais lorsque des femmes et des hommes ont partagé une même expérience et un même projet, il est préférable qu'ils poursuivent leur chemin dans la confiance ou, à défaut, qu'ils se séparent avec respect et dignité.
Comité de suivi
Nouakchott, le 27 juillet 2026