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Brakna : Libération des détenus du Waalo sur fond de polémique autour du pacte d'Aleg
ALEG- Près de trois mois après les affrontements sanglants dans la commune d'Aéré Mbar, les agriculteurs détenus ont enfin recouvré la liberté ce lundi 2 février 2026. Si ce dénouement apporte un immense soulagement aux familles, les coulisses de l'accord de paix signé à Aleg révèlent de profondes fractures et des accusations de falsification de documents officiels.
Le conflit foncier qui opposait les villages de Sabouallah et d’Aéré Golléré dans la zone stratégique du Waalo semble avoir franchi une étape décisive. La libération des prisonniers, intervenue ce matin, est la conséquence directe du pacte de réconciliation scellé sous l'égide du Gouverneur du Brakna, Monsieur Teib Mohamed Mahmoud. Cependant, derrière les sourires de façade lors de la signature le 29 janvier dernier, une bataille de textes fait rage.
Le médiateur et figure centrale de ce dossier, Monsieur Bâ Mamadou Moustapha, a apporté un éclairage cinglant sur les conditions de cet accord. Tout en confirmant que son intervention a été le levier principal de la libération des détenus, il dénonce une tentative de manipulation administrative.
Selon ses déclarations, le procès-verbal (PV) établi initialement à Aleg aurait été « totalement falsifié » pour inclure des éléments favorables à une seule partie. Monsieur Bâ a été catégorique sur les mesures de correction en cours :
1. Rétablissement de la vérité : Une copie officielle conforme aux faits réels sera remise aux populations d'Aéré Golléré par le Wali lui-même.
2. Suppression des fraudes : Toutes les mentions relatives à une prétendue réunion à Sabouallah, insérées de manière frauduleuse dans le document, seront supprimées.
3. Transparence totale : Un nouveau procès-verbal sera rédigé sous l'autorité directe de l'administration supérieure, écartant ainsi les « arrangements obscurs » des élus locaux.
"Seule la vérité prévaut"
Pour le médiateur, cette affaire dépasse le simple conflit foncier ; elle touche à l'intégrité de l'autorité de l'État. En insistant pour que le document soit un acte administratif pur et non un compromis politique influencé par des élus jugés partiaux, Monsieur Bâ a voulu garantir une paix durable.
« Les manipulations et les mensonges n’ont plus leur place. Seule la vérité prévaut », a-t-il martelé, rappelant que l'accord est désormais placé sous la protection directe du Gouverneur et du Préfet.
Si les champs du Waalo retrouvent aujourd'hui leurs bras, la vigilance reste de mise. La remise du nouveau procès-verbal "corrigé" sera le véritable test de la solidité de ce pacte. Les populations d'Aéré Golléré, bien que soulagées par le retour de leurs fils, attendent désormais que l'écrit reflète fidèlement la réalité du terrain.
Oumar El Hadj Thiam